Quand j’ai décroché mon diplôme à  l’université et obtenu un emploi dans les entreprises américaines, j’ai été très déçu par la routine professionnelle de 9 heures du matin à  5 heures du soir, avec ses directives, ses bureaux et son monde léthargique qui envoie des courriels à  longueur la journée.

Ainsi, les cours de yoga sont devenus un refuge apaisant du monde monotone des ordinateurs, des entreprises et de la poursuite du dollar omnipotent. J’ai donc suivi des cours de yoga matin et soir et je me suis parfois même faufilé au milieu de la journée pour aller faire une séance de yoga à  la salle de sport Crunch Fitness Gym dans la rue où je travaillais.

Je voyais mes professeurs de yoga comme de merveilleux esprits libres, dévoué à  la détente du corps, de l’esprit et de l’âme alors que beaucoup de personnes dans la routine professionnelle semblaient céder à  l’inertie. J’aimais seulement observer l’inertie des gaz nobles mais pas chez les êtres humains alors l’une de mes décisions très naïves à  l’époque et je remercie Dieu et Guru pour ma naïveté, était d’apprendre à  enseigner le yoga et les massages pour que je puisse m’affranchir du travail bureautique et subvenir à  mes besoins en même temps.

Après presque 11 ans, j’aime penser à  mon idéalisme du passé. Mes salaires dans mon ancien emploi de 9 heures du à  5 heures du soir (maintenant de 9 heures du matin à  7 heures du soir) ont toujours été considérablement plus importants que ceux que j’ai gagné en tant que professeur de yoga.

à  un moment donné au début de mon enseignement du yoga, j’ai eu un poste à  plein temps dans une entreprise start-up qui exigeait beaucoup de voyage professionnels et donner plusieurs formations par semaine et le week-end aussi. Je me souviens que je priais pour qu’on ne me demande pas d’aller en déplacement dans des endroits merveilleux et de séjourner dans un hôtel magnifique au frais de mon entreprise pour que je puisse rester à  Austin au Texas où je vivais à  l’époque et où j’enseignais le yoga pour 30 dollars la séance.

Rétrospectivement, je ris et m’amuse de mon propre dévouement à  la pratique du yoga et son pouvoir à  aider les gens, d’ailleurs, je crois toujours au pouvoir du yoga à  guérir et je crois encore à  sa place très importante dans nos vies (les yogis autant que les non-adeptes) mais je me suis rendu compte que seuls ceux qui ont un bon sens des affaires, du marketing et des promotions peuvent atteindre des salaires en enseignant le yoga comparables à  ceux que je gagnais dans le monde de l’entreprise.

De nos jours, nous entendons parler tout le temps du marché du yoga. Est-il donc vrai maintenant que les gens gagnent de l’argent grâce à  l’enseignement du yoga? Le yoga, en tant que commerce, est considéré comme une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars dans son ensemble selon plusieurs articles, mais cela est-il juste ou encore bon pour le yoga en soi?

Je dirais qu’il en est ainsi maintenant, ce n’est ni bon, ni mauvais mais c’est juste une vague puissante. Certes, j’apprécie que le yoga soit devenu une partie de la langue vernaculaire mais que les gens soient conscients ou pas de ce qu’ils entendent quand ils parlent de « samadhi », ce ne sont pas vraiment mes affaires en gros, à  moins qu’on me demande ce que c’est. Je suis juste content que les gens aient une petite idée sur ce que c’est que le « samadhi » et comment y parvenir.

Shri Brahmananda Sarasvati, le fondateur du centre spirituel Ananda Ashram à  Monroe à  New York, consacre un chapitre entier dans son livre « les principes fondamentaux du yoga », publié initialement en 1959 sous le titre de « Yoga et le commerce ». Il explique que si nous ne traitons pas le yoga comme un commerce à  certains égards, il sera toujours considéré comme une passion ou un passe-temps plutôt qu’un mode de vie ou une façon d’être.

Il est évident pour moi que ce que nous faisons dans la vie prend la plupart de notre temps même au-delà  du temps que nous passons avec nos familles et nos amis. Ainsi, comme le yoga gagne en popularité, les gens tentent de trouver un moyen de passer la plupart de leur temps à  le pratiquer et à  l’enseigner tout en gagnant leur vie pour subvenir aux besoins de leur famille, pour payer les factures, et vivre dignement. En effet, j’espère moi-même continuer à  permettre aux gens de trouver les moyens de gagner décemment leur vie en enseignant, partageant et en pratiquant le yoga et je sais que la plupart d’entre vous qui ont lu cet article ressentent la même chose que moi.

Om shantih, Sumukhi